Solidarité avec les prisonniers du G7 !

Nous reproduisons ici (via Libérons-Les) le communiqué du comité de soutien aux trois jeunes allemands arrêtés en marge du G7 et condamnés à de la prison ferme pour « attroupement en vue de commettre des violences », avant même que la manifestation n’ait lieu.

COMMUNIQUÉ DE PRESSE – « GROUPE DE SOLIDARITÉ POUR LES TROIS DE L’AUTOROUTE »

Trois jeunes de Nuremberg ont été condamnés à des peines de prison arbitraires dans le cadre du sommet du G7. 
Mercredi dernier, trois jeunes de Nuremberg ont été arrêtés à la frontière franco-espagnole. Selon les médias, ils étaient sur le chemin d’un camping dans l’État espagnol quand ils ont été contrôlés et arrêtés sur l’autoroute par la police française. L’arrestation a eu lieu près de Biarritz, où se tenait le sommet du G7. Vendredi soir, ils ont été condamnés à des peines de prison ferme par un tribunal correctionnel mis en place spécialement pour le sommet. L’un d’eux a écopé d’une peine de 2 mois et les deux autres ont été condamnés à des peines de 3 mois de prison. Les trois ont été accusés de « participation à un groupement en vue commettre des violences ». Leurs avocats n’ont pas été autorisés à les représenter devant les tribunaux, car les avocats commis d’office fournis par l’État français ont bloqué les représentants qu’ils s’étaient choisis. Ainsi, en constituant un tribunal correctionnel express, et en imposant des avocats commis d’office, la justice française n’a pas offert une défense équitable aux accusés. Un groupe de solidarité exigeant la libération des trois emprisonnés appelle à un rassemblement ce mercredi 28 août 2019 à 19h00 sur la place Hallplatz à Nuremberg.

Mais il n’y a pas que ce procès qui soit un scandale. Dans le cadre du sommet du G7 à Biarritz, les violations des droits fondamentaux des citoyens se sont multipliées. Un journaliste allemand a par exemple été expulsé illégalement de France deux fois et plusieurs activistes qui souhaitaient manifester contre le sommet se sont vus refuser l’entrée ou ont été expulsés en Allemagne. La raison invoquée pour justifier cela est une liste que l’Office fédéral de la police criminelle (Bundeskriminalamt) et l’Office fédéral de la protection de la Constitution (Verfassungsschutz) ont transmise aux autorités françaises. Une requête du parti de gauche (Die Linke) au Bundestag a révélé que les autorités avaient rassemblé les noms des activistes de gauche ainsi que des journalistes. Il suffisait que les autorités aient noté leur présence dans le cadre des manifestations contre les précédents sommets, ou qu’ils aient eu des contacts avec des activistes à l’étranger, pour y figurer. C’est sur la base de cette liste que les trois jeunes de Nuremberg ont été condamnés à plusieurs mois de prison ferme sans avoir commis de crime spécifique.
La loi qui a permis de condamner les trois jeunes allemands en France constitue un autre scandale. Le crime de « participation à un groupement en vue de la préparation de violences volontaires » est un exemple de droit pénal préventif dans sa forme la plus pure. En effet, ils ne sont pas condamnés pour avoir commis une infraction, mais pour en avoir éventuellement planifié une. La loi était déjà controversée avant même son introduction et elle l’est d’autant plus au vu de son application lors du sommet du G7. Parce qu’outre ces trois personnes, des journalistes et même des représentants de la Ligue française des droits de l’homme (LDH) ont été arrêtés.

Selon les rapports des observateurs des manifestations anti-G7, un état d’urgence régnait de facto autour du sommet du G7 à Biarritz. Les groupes de plus de trois personnes faisaient systématiquement l’objet d’un contrôle dans les rues, les journalistes étaient empêchés de faire leur travail et des policiers armés bloquaient des routes et des ponts.

Peter Fischer, porte-parole du groupe de solidarité pour ces trois personnes emprisonnées, a déclaré: « Nos trois amis sont pris au piège d’un état d’urgence qui se transforme peu à peu en norme. Ils ont été emprisonnés en France conformément aux lois que l’État français a créées pour mettre en place une contre-insurrection préventive, écraser le mouvement social des gilets jaunes et empêcher les manifestations contre les puissants du monde lors du sommet du G7. » Fischer constate une ligne commune dans cette évolution en Europe: « Mais la France n’est pas la seule a appliquer une telle politique. En Allemagne également, les nouvelles lois sur la police forment la base de l’emprisonnement de personnes considérées comme « dangereuses » (Gefährder) sans avoir commis de crime. En outre, la classification des journalistes et des activistes de gauche dans les dossiers comme délinquants potentiels est l’expression d’une application du droit pénal préventif. Les démocraties européennes glissent donc pas à pas vers l’État policier. » S’adressant aux autorités françaises, Peter Fischer a clairement exigé: « la libération immédiate des trois emprisonnés ! Nous nous opposons aux jugements arbitraires et à l’État policier. C’est pour cela que nous descendrons dans les rues ce mercredi ! »

Rassemblement de solidarité : Mercredi 28 août 2019 à 19:00 heures. Hallplatz Nürnberg

➡️ Peter Fischer Porte-parole du « Groupe de solidarité pour les trois de l’autoroute »

E-mail: solikreisautobahn@riseup.net Tel: +4915771658078
(Veuillez écrire en allemand ou en anglais / Please request in German or English)

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