« Réaliser l'utopie ici et maintenant » : la vie de Sakine Cansiz

Il y a sept ans jour pour jour, trois militantes révolutionnaires kurdes, Sakine Cansız (Sara), Leyla Şaylemez (Ronahî) e Fidan Doğan (Rojbîn) étaient assassinées en plein coeur de Paris par un tueur lié aux services secrets turcs. À cette occasion, nous avons traduit un texte, publié sur le site italien Infoaut, qui retrace le parcours de l’une d’entre elles : son processus de politisation, ses années de prison et sa résistance à la torture, son rôle au sein du PKK et du mouvement des femmes kurdes. S’en dégage le portrait émouvant d’une révolutionnaire dont la vie et le combat continuent d’inspirer des générations de militant-e-s à travers le monde.

Notre approche du socialisme n’a jamais été très utopique. Pour nous, ça n’a jamais été quelque chose de très lointain. Nous avons plutôt essayé de voir comment nous pourrions concrètement atteindre le socialisme, la liberté et l’égalité. Comment pourrions-nous au moins partir de nous-mêmes pour réaliser ces principes dans notre propre vie ? Nous avons toujours eu des espoirs et des utopies, que nous ne voulions pas projeter sur les générations futures. Nous avons plutôt commencé à réaliser nos utopies et nos espoirs, ici et maintenant.

Sakine Cansız

Le matin du 10 janvier 2013, des millions de Kurdes se sont réveillés avec la terrible nouvelle de l’assassinat de Sakine Cansız (Sara), Leyla Şaylemez (Ronahî) et Fidan Doğan (Rojbîn) au Centre d’information du Kurdistan au 147 rue La Fayette, au centre de Paris. Immédiatement, des dizaines de milliers de personnes de toute l’Europe, les Kurdes et leurs amis, ont pris d’assaut la scène du crime pour exprimer leur colère et leur rage. Trois jours plus tard, des centaines de milliers de personnes de cultures et de nationalités différentes se sont déversées dans les rues de Paris pour protester contre cet acte lâche d’assassinat politique.

Sakine Cansız a été l’une des co-fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et une figure de proue du mouvement des femmes kurdes. Elle a été l’une des rares révolutionnaires à devenir une légende de son vivant, grâce notamment à son rôle historique dans la résistance de la prison de Diyarbakir dans les premières années du PKK. Fidan Doğan était une représentante du Congrès national kurde (KNK) en France. Elle a défendu la cause politique du peuple kurde dans les réunions et institutions internationales telles que le Parlement européen. Leyla Şaylemez était une jeune militante du Mouvement de la jeunesse kurde et du Mouvement des femmes kurdes. L’assassinat est survenu à un moment de plénitude de la promesse de paix et de liberté, quelques jours après la visite d’une délégation politique à Abdullah Öcalan sur l’île-prison d’Imrali.

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Cependant, ce dont les meurtriers brutaux ne se sont pas rendus compte, c’est que les graines plantées par l’esprit de Sakine Cansız et de ses camarades allaient devenir des fleurs, des arbres et des forêts dans les années suivantes, dans la Révolution du Rojava, dans la solidarité des luttes des femmes au Moyen-Orient, dans la libération globale, dans l’action des femmes…

Sakine Cansız était une femme kurde alévite, née en 1958 dans un village de Dersim, au Kurdistan du Nord. Épine dans l’œil du système national-étatiste de la République turque, la population de Dersim a fait l’objet d’un génocide en 1938, après une révolte menée par Seyit Riza. On estime que 70 000 personnes ont été tuées dans les bombardements ordonnés par Mustafa Kemal Atatürk, tandis que des dizaines de milliers ont été déportées par l’État turc. Le nom Dersim a été effacé des cartes et remplacé par le nom Tunceli, “poigne de fer” pour imposer l’assimilation et le silence à la région. L’âge de Seyit Riza – qui avait plus de 70 ans – a été abaissé dans les registres de l’État afin de rendre son exécution légale.

Avant de mourir, on dit qu’il aurait déclaré : “Je ne pouvais pas rivaliser avec vos ruses et vos mensonges. Cela m’est apparu comme un problème. Mais je ne me suis pas soumis à vous. Puisse cela vous apparaître à vous comme un problème.”

Sakine Cansız était donc une fille des montagnes rebelles de Dersim, baignée par les eaux de la rivière Munzur. Cependant, au moment de sa naissance, le silence et la peur se sont insinués dans sa communauté.

Comme beaucoup de jeunes de l’époque, qui avaient grandi avec l’idéologie officielle de l’État, elle a grandi sans avoir conscience de son identité kurde. Cela a changé lorsque Sakine Cansız a rencontré les stimulants jeunes étudiants turcs et kurdes d’extraction ouvrière autour d’Abdullah Öcalan, qui se sont alors appelés “Révolutionnaires Kurdes”.

Avant de rejoindre les Révolutionnaires Kurdes, Cansız a été profondément influencée par les grands leaders révolutionnaires de Turquie qui ont été exécutés par l’État, tels que Deniz Gezmiş et Mahir Çayan.

Sakîne a expliqué sa première expérience de la vie révolutionnaire comme suit : “L’idée de la lutte politique et révolutionnaire m’a conduit sur le chemin qui a complètement changé ma vie. J’ai rencontré des jeunes qui vivaient à proximité. Leur mode de vie, leurs débats et leurs approches des valeurs et des concepts moraux m’ont profondément impressionnée. J’ai réalisé qu’ils portaient le flambeau de la liberté dans leurs mains.”

Rebelle et émotive par nature, Sakine Cansız s’est sentie attirée par les révolutionnaires kurdes non seulement à cause de leur théorie révolutionnaire, mais aussi par la façon dont le nouveau groupe a émergé de par sa capacité à “ressentir la douleur du peuple”.  Son premier contact avec ses futurs camarades a eu lieu pendant les années de son adolescence, lorsqu’elle a envoyé de la nourriture et d’autres choses utiles à des étudiants pauvres dans une maison délabrée du quartier. Selon ses propres termes, les révolutionnaires kurdes représentaient une alternative claire et autonome aux deux options dominantes qui s’offraient alors à des gens comme elle : le chauvinisme social de la gauche turque, qui niait les conditions spécifiques du Kurdistan, ou le nationalisme kurde conservateur, qui avait peu à offrir en termes de changement social et de lutte des classes. Dans la première phase de sa jeunesse, elle avait identifié la principale contradiction qu’elle avait connue dans sa vie privée : la condition non libre de la féminité au Kurdistan.

Dans les années 1970, après avoir quitté sa maison pour rejeter une vie traditionnelle dont elle ne voulait pas, elle a commencé à travailler dans des usines pour organiser les femmes travailleuses. Au cours de ses agitations et de ses actions, elle a été emprisonnée à plusieurs reprises. Dans les prisons de différentes régions de Turquie, elle a été témoin de la géographie d’un peuple oublié mais rebelle : des ouvriers d’usine misérables, des femmes roms fières, des prostituées têtues et des survivants du génocide traumatisés. Dans ses mémoires, elle a rendu hommage à ces vies fascinantes et a affirmé sa croyance en la capacité de les transformer toutes en militants de la révolution. Sa décision de devenir une révolutionnaire professionnelle coïncide avec celle de ses camarades de former un parti.

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À la fin des années 1970, des comités ont été organisés par des “apoïstes” (Apo, l’oncle en kurde, était le surnom d’Abdullah Öcalan, NDT) dans de nombreuses régions du Kurdistan du Nord. La direction avait confié à Sakine Cansız la tâche de construire le mouvement des femmes, une tâche qu’elle prenait très à cœur. Elle a pu réunir d’amples groupes de jeunes femmes, souvent des étudiantes, pour des débats et des formations. Le 27 novembre 1978, alors qu’elle n’avait que 20 ans, Sakine Cansız est devenue l’une des deux femmes co-fondatrices du Parti des travailleurs du Kurdistan – lorsqu’elle a participé au congrès fondateur du parti.

À cette époque, le tristement célèbre coup d’État du 12 septembre 1980 était déjà préfiguré par des développements sombres qui visaient des groupes révolutionnaires dans le pays, en particulier au Kurdistan. Peu après la formation du parti, Sakine Cansız et plusieurs de ses camarades, dont des membres du Comité central du PKK, ont été arrêtés lors d’un raid sur Elazig en 1979. Au moment du coup d’État, elle était transférée à la prison de Diyarbakir, nouvellement construite, une prison basée sur le système carcéral américain où la loi martiale étouffait la dignité humaine. À ce jour, une grande majorité des violations atroces des droits de l’homme et des actes de torture systématiques perpétrés dans l’enceinte de la prison de Diyarbakir restent dans l’ombre. Ils comprennent le viol et les agressions sexuelles, les chocs électriques, l’asphyxie des prisonniers dans les eaux d’égoût et le fait de les forcer à manger des excréments de chiens. L’État turc a voulu faire plier la volonté des prisonniers pour qu’ils nient leur identité de Kurdes et de socialistes. Même si la Turquie n’a pas encore été convoquée à la barre pour ces crimes inqualifiables, les événements qui se déroulent dans les prisons sont profondément ancrés dans la mémoire du peuple kurde. Dans ces années-là, le PKK, comme d’autres groupes révolutionnaires, était menacé, à cause du régime putschiste, d’un anéantissement total de ses structures organisationnelles.

La torture de l’État a duré si longtemps que certains membres dirigeants comme Şahin Dönmez sont sans doute devenus des informateurs de l’État. D’autres, qui ont lutté contre la tentation de devenir des informateurs face à des tortures insupportables, ont été sauvés de l’abîme de la trahison – précisément grâce à l’atmosphère d’amitié et de solidarité créée par des personnes comme Sakine Cansız. C’est principalement grâce à son esprit qu’aucune des détenues de la section des femmes n’est devenue agent de l’État.

Parmi les prisonniers se trouvaient d’éminents membres fondateurs du PKK tels que Mazlum Doğan, Kemal Pir et Hayri Durmuş. Créant une atmosphère de rébellion constante par le biais d’activités culturelles et de cérémonies politiques, leurs stratégies pour défaire le projet de l’État comprenaient des défenses idéologiques dans les tribunaux qui traitaient du colonialisme, le travail politique dans les cellules, l’autodéfense physique, des grèves de la faim meurtrières et des immolations.

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Mazlum Doğan a lancé la résistance de la prison le jour de Newroz en 1982 en allumant trois allumettes, en les plaçant sur la table de sa cellule et en s’ôtant la vie avec le message : “Céder est trahir, la Résistance apporte la Victoire”.

Dans son autobiographie, Sakine Cansız a écrit à propos de l’action de Mazlum Doğan : “Nous avons essayé de saisir le but de l’action de Mazlum. Nous avons finalement compris que c’était en rapport avec Newroz. Son message était clair, il proclamait : La résistance, c’est la vie !”

Suite à l’action de Mazlum Doğan quatre détenus, Ferhat Kurtay, Eşref Anyık, Necmi Önen et Mahmut Zengin se sont immolés en signe de protestation. C’est sous la direction des membres centraux du PKK, Kemal Pir, Hayri Durmuş, Akif Yılmaz et Ali Çiçek, que le 14 juillet 1982, le début d’une grève de la faim meurtrière a été annoncé pour protester contre les conditions de vie dans la prison Diyarbakır. Ils sont tous les quatre morts en grève de la faim. Cependant, la résistance de la prison de Diyarbakir a suscité un soutien populaire et a déclenché la décision claire du PKK de mener une guérilla contre l’État le 15 août 1984.

Les femmes en particulier sont visées par les autorités pénitentiaires, qui veulent utiliser les notions traditionnelles d’honneur pour supprimer les identités révolutionnaires des femmes et évoquer les sentiments patriarcaux féodaux chez les hommes. Le directeur de prison le plus célèbre, Esat Oktay, était bien connu comme un sadique, jubilant devant les cris de douleur de ses victimes soumises à une torture féroce. Homme sans respect pour la dignité et l’honneur humains, Oktay a été tué plus tard dans la rue par quelqu’un qui envoyait les salutations de Kemal Pir, mort en prison. Oktay était obsédé par l’idée de stériliser les femmes captives par des infections des trompes de Fallope et des dommages à leurs organes sexuels. Il a explicitement déclaré qu’il voulait éteindre la “race” kurde. Dans ses mémoires, Sakine Cansız a écrit : « En tant que sadique, il a montré son amour pour les femmes en nous frappant avec une batte entre les jambes jusqu’à ce que nous saignions, il a menacé de “mettre une batte dedans” et a utilisé ses doigts pour tirer nos lèvres jusqu’à ce qu’elles se déchirent. » La réaction indomptable de Sakine face au tortionnaire pervers s’est propagée comme une traînée de poudre. Chaque sympathisant du PKK connaît l’histoire de la façon dont elle a craché au visage d’Esat Oktay pendant la torture. Les prisonniers masculins du PKK de l’époque ont écrit sur la façon dont la lutte de Sakine Cansız en prison les a encouragés à résister dans le désespoir.

La résistance de Sakine Cansız dans la prison de Diyarbakir a conduit à une nouvelle approche des femmes dans la société kurde. Elle a encouragé les femmes à rejoindre les structures révolutionnaires dans les villes et a fait avancer les femmes vers la politisation dans les villages. À partir de sa résistance en prison, l’activisme des femmes kurdes a gagné un respect et un soutien accrus parmi les masses populaires.

Au moment de sa libération en 1991, elle avait passé 12 ans de sa jeunesse dans les prisons d’Elazig, Diyarbakir, Bursa, Canakkale et Malatya. Dès qu’elle a respiré l’air de la liberté, elle a poursuivi sa lutte active dans les rangs du PKK. Elle est donc arrivée à l’Académie du Mahsum Korkmaz du PKK dans la vallée de la Bekaa au Liban, où elle a rejoint la formation idéologique dirigée par Abdullah Öcalan. Des aspects de sa volonté, de sa lutte et de sa vie ont souvent été pris comme exemples dans les discours d’Öcalan. C’est Öcalan qui l’a encouragée à écrire sa propre autobiographie. Ses mémoires ont été rédigées en 1996 et mis à la disposition du public après sa mort en trois volumes. Dans les années 1990, elle a joué un rôle important dans l’organisation du mouvement kurde en Palestine, en Syrie et au Rojava.

Elle pensait qu’il serait possible pour les femmes du Kurdistan de se recréer et de recréer leur histoire en se joignant à la lutte militante du PKK. Elle a décrit la lutte pour la liberté de la manière suivante :

Ce mouvement s’adresse à l’essence même de l’être humain. Dans tous nos débats, formations et discours, l’humanité et les valeurs humaines sont le point de départ. Nous discutons du développement des humains et de la société, ainsi que des étapes historiques et des valeurs de l’humanité. Les femmes qui ont voulu comprendre ces questions se sont identifiées au mouvement de libération. Au tout début de la lutte pour le Kurdistan et de la lutte politique, l’implication des femmes dans ce processus révolutionnaire était très difficile. Pourtant, nous avons réussi, et nous avons gagné le pouvoir de façonner notre mouvement.

Selon ses propres termes, le temps qu’elle a passé en tant que guérillera dans les montagnes du Kurdistan a été marqué par les plus beaux et les plus importants moments de sa vie. L’implication de Sakine Cansız dans la lutte pour un Kurdistan libre est parallèle à la chronologie du mouvement organisé des femmes kurdes. Elle a joué un rôle crucial dans la formation de l’armée autonome des femmes (YJA aujourd’hui) et du parti des femmes (PAJK aujourd’hui). Elle n’était pas une personne qui attend des ordres. Elle a plutôt pris ses responsabilités, même dans les moments les plus difficiles. En raison de sa personnalité obstinée, elle était connue comme une camarade qui n’accepterait jamais la domination masculine ou d’autres formes de comportement anti-révolutionnaire. Elle luttait contre le retard et l’injustice sociale, mais elle était attentive aux réalités et aux conditions sociales de son peuple. Elle avait une personnalité collective et commune qui créait une solidarité avec tous ceux qui l’entouraient, mais elle était aussi têtue et indomptable lorsqu’il s’agissait d’exprimer ses critiques et son désaccord. Tout au long de sa vie, elle a toujours encouragé ses camarades à s’émanciper, à être forts et tenaces. Comme le décrit l’une de ses premières camarades et amies de toujours : “Sara était toujours prête comme si elle partait, mais elle travaillait toujours comme si elle avait l’intention de rester pour toujours”.

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En 1998, Abdullah Öcalan lui a confié la mission d’assumer des tâches et des responsabilités pour le mouvement de libération kurde en Europe. Entre autres tâches, elle a organisé et formé des cadres du mouvement dans plusieurs pays européens, ainsi que la communauté kurde migrante. De même, elle a noué des liens avec divers mouvements progressistes en dehors du Kurdistan, en respectant la diversité et en soulignant l’importance de la lutte pour des valeurs humaines communes en tant que mouvements alternatifs, féministes, de gauche et démocratiques pour construire des structures d’autonomie démocratique et une société démocratique, libre et libérée des contraintes liées au genre. Elle a donc joué un rôle important dans la création d’une solidarité avec la cause kurde. Elle s’est toujours engagée à rassembler, organiser et former son peuple, en particulier les jeunes femmes, jusqu’à son dernier souffle.

De son point de vue, la lutte était le facteur déterminant de la libération : “Dans mon utopie, vous devez vous battre pour la libération toute votre vie. Dans un Kurdistan libéré, la lutte doit être glorieuse.”

Au vu de cette vie légendaire remarquable, personne ne se serait attendu à ce que cette héroïne soit tuée de sang froid dans une attaque lâche au cœur de Paris. Dès le premier jour, le mouvement des femmes kurdes a souligné la nature barbare du meurtre comme une tentative de frapper au cœur de la révolution du Kurdistan : la femme libérée. Bien que le tueur, Ömer Güney, ait été identifié dès le début, il est bien connu que les services de renseignements de l’État turc ont ordonné l’assassinat afin de saboter le processus de paix. Les autorités françaises n’ont pas révélé la nature politique de ce crime. Le tueur est mort en prison dans des circonstances mystérieuses quelques semaines avant le début du procès. Chaque année, le mouvement kurde organise une manifestation de masse à Paris avec d’autres mouvements de femmes pour réclamer « Justice et Vérité ! »
Les femmes kurdes ne s’arrêteront pas tant que l’affaire du massacre de Paris n’est pas résolue dans tous ses aspects.

Sakine Cansız a toujours voulu retourner au Dersim en tant que guérillera. Et sans aucun doute, elle est retournée dans son pays natal en tant qu’héroïne. Son tombeau est devenu quelque chose comme un sanctuaire, un lieu de pèlerinage pour les opprimés, les jeunes, les travailleurs, les femmes. Des millions de personnes lui ont fait leurs adieux, emportant son cercueil de Paris à Amed, jusqu’à Dersim.

Dans la révolution du Rojava, les actions de libération des femmes rendent hommage à Sakine Cansız et à ses camarades. La lutte engagée par un petit groupe de jeunes a maintenant atteint un stade où sa philosophie et ses pratiques sont discutées par des révolutionnaires du Brésil à l’Inde. Les femmes qui ont combattu l’EI l’ont fait en prenant des noms de bataille tels que Sara, Rojbîn, Ronahî. Aujourd’hui, de nouvelles générations de filles et de garçons kurdes sont élevées de manière à présenter des caractéristiques similaires à celles de Sara.

Comme le dit souvent le mouvement des femmes : “Ils peuvent couper nos fleurs, mais ils ne peuvent pas arrêter le printemps !”

Ni oubli, ni pardon !

« Réaliser l'utopie ici et maintenant » : la vie de Sakine Cansiz

Texte initialement publié en anglais sur komun-academy.com

[Vous pouvez commander le premier volume de “SARA – My Whole Life Was a Fight” en anglais auprès de Pluto Press. Les traductions allemande et italienne des trois volumes ont été publiées par les éditions Mezopotamien Verlag. Le premier volume est également disponible en espagnol par Descontrol.]

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