23 août 1942 : La bataille de Stalingrad

L’offensive nazie contre l’Union soviétique commence le 22 juin 1941, lorsque 5 500 000 soldats, 3 500 chars et 2 000 avions déclenchent l’Opération Barbarossa : trois fronts sont ouverts, au nord vers Leningrad, au centre vers Moscou et au sud vers Kiev et, plus loin, Stalingrad et le Caucase.

Les premiers mois de la guerre constituent pour l’URSS une véritable déroute : les troupes de l’Armée rouge sont contraintes de battre en retraite sur tous les fronts, et les pertes sont innombrables.

Le gouvernement soviétique réagit en organisant une offensive sans précédent, qui sera appelée « guerre populaire » : des centaines de milliers de civils, dont de nombreuses femmes, se livrent à des actes de résistance et de sabotage, mettant en difficulté l’envahisseur allemand.

Les habitants de Leningrad creusent des centaines de kilomètres de tranchées antichars, réussissant héroïquement à défendre la ville contre l’invasion pendant plus de 900 jours, tandis qu’à Moscou Staline organise un défilé militaire à l’occasion de l’anniversaire de la révolution d’octobre, pour rappeler au peuple la puissance militaire de l’Armée rouge : l’armée, de la parade, marche directement au front.

Le front sud est probablement le plus important de la campagne allemande, car c’est dans le Caucase, au-delà de la Volga, que se trouvent les principaux gisements de pétrole et les plus grandes cultures agricoles de toute l’URSS.

C’est pourquoi, alors que l’armée d’occupation s’approche la Volga, Staline publie, le 27 juillet 1942, le décret 227 qui dit, entre autres choses : « Si nous ne stoppons pas la retraite, nous resterons sans pain, sans essence, sans métaux, sans matières premières, sans usines, sans chemins de fer. Donc : il est temps de stopper la retraite, pas un pas en arrière ! Ce doit être notre mot d’ordre à partir de maintenant. Nous devons protéger chaque bastion, chaque mètre de terre soviétique, de manière irréductible, jusqu’à la dernière goutte de sang. Nous devons nous accrocher à chaque centimètre de notre patrie et la défendre de toutes les manières possibles. Notre pays traverse des temps difficiles. Nous devons affronter et détruire l’ennemi, à tout prix. Les Allemands ne sont pas aussi forts que le disent ceux qui ont cédé à la panique. Leurs forces ont atteint leurs limites. Stopper leurs coups maintenant, c’est s’assurer la victoire dans le futur ».

Le 21 août 1942, les troupes allemandes conquièrent le Don et deux jours plus tard, le 23 août, la 16ème Division Panzer du général Hans Hube fait soudainement irruption sur la Volga, bloquant l’accès à Stalingrad, et commençant le siège par un premier bombardement massif de la ville. Ceux qui restent dans Stalingrad se consacrent totalement au travail de défense, toutes les usines sont converties à la production militaire, et les chars d’assaut passent directement de la chaîne de montage au front. Vassili Tchouïkov, un général affecté à la défense de Stalingrad par Staline lui-même, commandant de la 62ème armée, défend vigoureusement la ville avec ses soldats, faisant sienne la devise : « À Stalingrad le temps est du sang ».

Aux premiers jours de septembre, il n’y a plus un seul bâtiment debout à Stalingrad, mais les hommes de l’Armée Rouge, organisés en petites unités de 6 ou 9 combattants, continuent à se battre avec acharnement : l’ordre de Tchouïkov est de rester à tout moment à 50 mètres maximum, ou à la distance d’un tir de grenade à main, du front ennemi.

Des centaines de milliers de femmes participent à la défense acharnée de Stalingrad, ainsi qu’à toute la guerre en Union soviétique, et leur présence est particulièrement déconcertante pour les Allemands. Un officier nazi, dans une lettre à sa famille, écrit : « Il est impossible de décrire ce qu’il se passe ici. Chaque personne à Stalingrad qui a encore sa tête et ses mains, homme ou femme, continue de lutter ».

La défense de Stalingrad porte ses fruits, l’occupant subit de lourdes pertes et, à l’approche de l’hiver, fait face à des problèmes d’approvisionnement. Le 10 novembre 1942, l’Armée rouge lance une contre-attaque baptisée Opération Uranus, un mouvement de pince pour prendre en tenaille l’ennemi.

Finalement, le 2 février 1943, les derniers noyaux allemands encore stationnés à Stalingrad se rendent.

La victoire historique de Stalingrad, qui a impliqué non seulement les troupes de l’Armée rouge, mais aussi toute la population locale dans un combat acharné, maison par maison, ouvrant la voie à la contre-offensive militaire, révèle au monde que l’invincibilité allemande tant vantée n’est rien d’autre que de la propagande, et redonne aux peuples d’Europe opprimés par les dictatures nazies et fascistes un véritable espoir de liberté, de paix et de délivrance.

Source : Infoaut

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