20 août 1998 : Clinton bombarde une usine pharmaceutique au Soudan

Le 20 août 1998, Bill Clinton a ordonné le bombardement de l’usine pharmaceutique Al Shifa à Bahri au Soudan, à l’aide de quatre missiles de croisières BGM-109 Tomahawk qui furent lancés depuis des navires de guerre américains positionnés dans la mer Rouge. L’usine Al Shifa produisait 90% des médicaments du pays. Sa destruction a provoqué la mort de dizaines de milliers de personnes.

Les États-Unis soutenaient que l’installation d’Al Shifa était connectée à Oussama Ben-Laden et l’aidait à se procurer des armes chimiques. Lorsqu’il devint clair que cela était faux et que l’usine ne produisait que des médicaments, l’administration US à bloqué l’enquête de l’ONU sur l’incident. Les États-Unis ne se sont jamais excusés ni n’ont jamais payé aucune compensation pour ce crime.

L’usine Al Shifa était spécialisée dans les traitements contre le malaria et la tuberculose ainsi que dans les médicaments vétérinaires. Werner Daum, ambassadeur allemand au Soudan de 1996 à 2000 écrivit dans un article que l’attaque « provoqua probablement des dizaines de milliers de morts » civils soudanais.

En 1998 le Soudan faisait face à une situation de grande pauvreté ainsi qu’à de lourdes sanctions, et était donc incapable d’importer des médicaments coûteux pour compenser la destruction de l’usine Al Shifa, qui fournissait des médicaments vitaux à bas prix. Au Soudan, cet incident est largement considéré comme un acte de terrorisme.

Wol Bol était gardien de l’usine au moment des frappes US, il est resté inconscient durant 3 mois, son corps entier a brûlé dans l’explosion et ses jambes fracturées l’ont laissé handicapé à vie. Fadil Reheima, également de garde cette nuit-là, est devenu sourd et incapable de parler.

La CIA a soutenu que « les échantillons prélevés à l’extérieur de l’usine contenaient une substance connue sous le nom d’Empta, un composant du gaz innervant VX ». Cependant, cette substance est également utilisée dans la production de pesticides et de fongicides pour des produits agricoles.

L’ingénieur britannique Thomas Carnaffin qui travaillait en tant que manager technique à l’usine entre 1992 et 1996 a déclaré que celle-ci n’a jamais été lourdement protégée ni n’était secrète et qu’il n’a jamais vu quoi que ce soit qui pouvait s’apparenter à de la production d’armes chimiques.

Un rapport d’Human Rights Watch a affirmé que le bombardement a contraint à l’arrêt les opérations de secours visant à fournir de la nourriture aux zones du Soudan touchées par la famine.

Les propriétaires de l’usine ont poursuivi les États-Unis en justice dans le but de recevoir une compensation, mais la cour a rejeté leur plainte, arguant que « la cible ennemie de la force militaire » n’a droit à aucune compensation pour « la destruction d’une propriété désignée par le Président comme propriété ennemie impliquée dans des activités de guerre ».

Dans les années qui ont suivi, des officiels US ont discrètement reconnu que les « preuves » à partir desquelles le Président Clinton a ordonné l’attaque sur l’usine Al Shifa « n’étaient pas aussi solides que ce qui avait été annoncé ».

Source : @Americas_Crimes

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